C'est ici un "blog" (bah bah!) de bonne foi, lecteur. Il t'avertit, dès l'entrée, que je ne m'y suis proposé aucune fin, que domestique et privée. Je n'y ai eu nulle considération de ton service, ni de ma gloire. Mes forces ne sont pas capables d'un tel dessein. Je l'ai voué à la commodité particulière de mes parents et amis : à ce que m'ayant perdu (ce qu'ils ont à faire bientôt) ils y puissent retrouver aucuns traits de mes conditions et humeurs, et que par ce moyen ils nourrissent, plus entière et plus vive, la connaissance qu'ils ont eue de moi. Si c'eût été pour rechercher la faveur du monde, je me fusse mieux paré et me présenterais en une marche étudiée. Je veux qu'on m'y voie en ma façon simple, naturelle et ordinaire, sans contention et artifice : car c'est moi que je peins. Mes défauts s'y liront au vif, et ma forme naïve, autant que la révérence publique me l'a permis. Que si j'eusse été entre ces nations qu'on dit vivre encore sous la douce liberté des premières lois de nature, je t'assure que je m'y fusse très volontiers peint toute entière, et toute nue. Ainsi, lecteur, je suis moi-même la matière de mon "blog" (bouark) : ce n'est pas raison que tu emploies ton loisir en un sujet si frivole et si vain. Adieu donc.
De Ici, ce jour.
Quiconque me condamne de plagiat, il se méprend , ceci est un hommage au premier bloggeur sur soi : Michel de Montaigne.
Je n'aime guère Montaigne, Montaigne est un bloggeur donc je n'aime guère les bloggeurs
(qui dit syllogisme dit illogisme)
Je vous prie de m'excuser et de ne point me lire.
A dieu donc!